(Source : letthemusictakecontrol-tamtam)
C’est Officiel.
Ce rictus narquois et déplaisant qui s’affiche sur tes lèvres… Cet air hautain, et supérieur, qui obscurcit de son voile les traits de ton visage, déjà peu appréciables de par la désagréable désinvolture qui s’y déguise. Faire en sorte qu’à l’intérieur de ton regard -se voulant blasé, se cache une personnalité de victime est un comportement des plus répugnants. Je te le crache au visage : une honte et un profond dégoût s’empare de moi, quand tu prends la parole avec cet air paumé que tu affiche inconsciemment en permanence. Tu es si con… Je croyais que tous ces défauts ne pouvaient pas être réunis tous ensembles dans un même corps. Tu en est pourtant l’exemple vivant. Un manque considérable de remord et de morale, un égo surdimensionné, un égocentrisme profond et un égoïsme invraisemblable. Et oui, tout ça pour toi, et je passe les pires. Mais si au moins tu avais une quelconque force morale, une quelconque compréhension de la vie et de son intérêt, mais non ! Non bien sur, et il faut que tu sois persuadé d’avoir raison jusqu’au bout, alors que depuis le départ, tu fais fausse route, tu t’égares, tu n’es bon à rien. Tu me ferais vomir, Tu es si ridicule.
Tu étais assis par terre. Je n’avais qu’une envie c’était de te montrer à quel point je savais me servir de mes poings pour de vrai. Mais faire scandale en plein milieu d’un couloir n’est pas le meilleur moyen de passer inaperçu. Alors je me suis retenue encore une fois de ne pas te péter le nez, j’aurais eu des problèmes avec ton Père, semblerait-il. Je n’ai eu aucun remord à te marteler de coups de pieds alors que tu étais déjà à terre. Non, aucune pitié pour les cons, aucune pitié pour les espèces de petits trous du cul comme toi. Tu tente de me retenir les poignets, en serrant, comme si j’allais être sensible à ceci, alors qu’inlassablement tu te vantes à répéter que tu ne sens pas la douleur. Quel petit frimeur, quel petit enculé tu fais. Si ça ne tenais qu’à moi, tu peux en être certain, tu aurais passé un moment fort mémorable. Et si en échange de mes coups, tu avais tenté de relever la main sur moi, oh même en guise de défense… Je crois que cela en aurait été terminé pour de bon. Oh rassure toi, de mon côté, faute de te casser une dent, j’ai bien fais ma salope ! J’ai bien balancé à tous ces petits cons la vérité sur ton attitude de gamin se la jouant rebelle ! Oh non… je vais pas te rater !
Parce que tu vois sale môme. A partir du moment ou ton comportement d’enculé influe sur la condition d’autrui, à partir du moment où il n’y a autre chose que ta sale gueule en jeu, je m’y intéresse, et ça m’exaspère. C’est dit, je te déteste profondément et je ferais tout pour te le faire savoir. Je prend la mouche pour peu. Mais tu m’en a bien fait bavé. Alors c’est à mon tour, comme on dit communément, la vengeance est un plat qui se mange froid. Je vais te digérer, crois moi, et le jour où réellement, tu te prendras mon poing, je peux te donner ma parole, que tu vas le sentir.
C’est officiel : Je te déteste.

Colossal Couroux, La Fin de “Nous”.

Et à perte de vue ce n’est que des vagues, ce n’est que les remous d’un océan en colère, dont la puissance destructrice s’abat sur nous. Le tonnerre est plus fort ici qu’à terre, car rien ne nous en protège. Rien pas même un toit fiable où un sol solide. Non, seulement une eau salée et ravageuse qui ne cesse de faire de ses vagues des géants. Le tonnerre gronde avec fracas. Les éclairs pourfendent le ciel, la pluie s’abat avec violence sur cette immense étendue d’eau salé. L’océan se déchaine, se bat contre un adversaire invisible, invincible. C’est comme si c’était la fin du monde.. ou plutôt la fin de nous. Comme sous une cloche, tout nous enferme dans notre périple, dans notre horreur de finir noyés. Sur le pont du voilier, certains hurlent, courent, trébuchent et glissent.
C’est le chemin du retour, nous sommes enfin là, toutes les deux… Je me tourne vers ma compagne de voyage. Elle, comme moi, on reçus ce don du sang froid. Je sais que tant que la situation persistera, aucune de nous ne paniquera. Nos membres seront mués par une force incompréhensible et incontrôlable. Car dans ce genre de cas, ce n’est plus notre propre conscience qui prend le pouvoir, qui prend le contrôle de notre navire de corps ! Je ne tiens plus le gouvernail de pas ma propre initiative. Je laisse mon inconscience du danger prendre le dessus… Comme je le vois dans ses yeux aussi. Je m’approche de ma protégée, la jeune fillette à la peau noire est trempée jusqu’aux os, ses cheveux indomptables se sont laissés glissés le long de son visage et de son cou. Nos mains se rencontrent et s’entremêlent: je ne la lâcherai pas. Une violente secousse nous projette au sol toutes deux, mais sa main est toujours dans la mienne, m’enfonçant ses petits ongles dans la chair de ma main. Ayant un peu plus de force, je la tire vers moi afin de la garder contre mon corps meurtrie et tout aussi trempé. Un seul objectif dans nos esprit contradictoires : faire vivre l’autre. Ses mâchoires se sont crispées, et contre moi, je sens son petit corps palpiter de peur. Mes muscles sont tétanisés de frayeurs. Son menton se lève en direction du ciel. Et son crâne retombe sur mon épaule. Elle regarde la cloche noire qui nous tombe dessus comme la mort sur sa proie. Je sais qu’elle aimerait voler. Être cet albatros dont les ailes le propulseront sans crainte loin du navire en danger. Je voudrais pouvoir l’y envoyer. Mais ses ongles dans ma chair me traduise qu’elle n’ira nulle part sans moi. Petite sœur. Nous sommes si différentes, et pourtant si pareilles. Ses yeux noirs brillent comme des étoiles inexistantes, des étoiles qui vont mourir. Nous subissons ainsi secousses et vagues violentes. Quand, le temps d’un simple soupir et le mât central s’effondre de toute sa hauteur. L’unique albatros du ciel orageux s’en va. Le mât s’écroule. La balustrade lâche. Et l’eau glaciale me saisit à la gorge. Je serre la petite main qui ne m’a pas lâchée. La fillette se rapproche, suffocant, haletant, buvant consécutivement la tasse de cet eau froide salée et de mauvaise humeur. Le courroux colossal des Dieux c’était abattu, et il en était assez de jouer.
C’est à la recherche d’un radeau que la vague de trop s’offrit à ses poumons. Et sans jamais lâcher ma main, l’enfant tendit au ciel sa dernière inspiration. C’était fait ainsi, ta disparition causa la mienne, et je n’eût guère le temps de m’en apercevoir, que je sentis déjà l’eau envahir brusquement l’unique source de ma respiration. Et sans lâcher sa main, je lui offrais à nouveau ma présence en direction de l’inconnu.
Pour ton amour, la mort n’est rien qu’une aventure…
Simple Plan - Astronaut ♥
“Le jour où le ciel t’est tombé sur la tête ~ ”
” Mais arrête ! Arrête toi ! Tu es folle ! ”
Et tu partais, la tête en arrière, éclatant d’un rire sonore, jusqu’à t’en tenir le ventre. Tu riais aux éclats aux idioties que je débitais sans m’arrêter, muée par une joie monumentale ! Et les larmes aux yeux, nos rires s’entremêlaient, ne faisant que s’amplifier. Mon ventre contracté finissait par devenir douloureux, ainsi que mes muscles faciaux. Mais emportée dans mon élan, et ayant le rire facile, je ne pouvais pas faire cesser cette frénésie ! Quant à toi, lorsque je te regardais, tu avais les yeux remplis de larmes et ils étaient devenus si petits, que je me demandais si tu pouvais encore voir ! Cette simple idée me faisait replonger, et je perdais à nouveau ma respiration dans un éclat de rire tellement bruyant et étonnant, qu’il t’entrainais à nouveau avec moi ! Sur le moment, je ne pensais à rien d’autre qu’à l’instant présent. Mon dieu qu’on a dû en gagner des minutes de vie comme on dit ! Ton rire si singulier me fait m’écrouler dès que je le perçoit. Je ne m’en passerais jamais. De toute façon, c’est un fait, je ne peux pas sourire sans toi. Parce que tu es le genre de personne unique, sur lequel un bout de ciel s’est effondré ! Car oui, toi aussi tu es fou ! Et toi aussi tu aimes rire, et lorsque tu es lancé, il t’es aussi impossible de t’arrêter que moi. Nous sommes fait pareils… C’est peut être aussi pour cela qu’inconsciemment, on ne peux se passer l’un de l’autre !
” Croix de Trois, Trois de fer, si je perd j’vais en enfer ! “
… C’était un remix ! Et c’était reparti pour un tour. A se rouler dans le sable tous les deux, entrain d’en rire aux larmes on devait vraiment pas avoir l’air fins. Mais qu’importait, on était heureux de se fendre la poire ainsi, comme ça faisait longtemps que cela ne nous était pas arrivé ! Et jamais, crois moi, jamais je n’oublierais ces instants de bonheur parfait que tu m’aurais fait vivre… Même mieux, je ferais tout pour qu’ils existent pour de vrai, et qu’un jour, je n’ai pas cette mauvaise surprise de me réveiller si loin de toi. Si loin de vous.
Et encore une fois, entre deux éclats de rire, entre deux respirations, je remercie ce jour de Juin où ta frimousse s’est enfin montrée, et où le petit bout de ciel égaré s’est écroulé … Sur ta tête.

Crying Petals

“J’ai gardé ton numéro dans mon répertoire. Quand je suis triste comme quand je suis heureux, je n’ai qu’une envie, c’est de le composer afin d’entendre ta voix… Mais j’ai trop peur d’appeler, on me diras sans doute que ce numéro n’est plus attribué… Car tu n’as sans doute pas de réseau au paradis… Papa…”
“J’avais le cœur lourd, les écouteurs dans les oreilles, les yeux fermés, je m’étais laissé aux turbulences aériennes, laissant mon cerveau m’emporter vers un quelconque safari, où les ronronnements de l’avion et les trous d’airs rencontrés ne m’effrayaient plus, les imaginant seulement causés par de quelconques bosses de terres et d’herbes… Mais une puissante angoisse me saisissait la gorge, sans que je puisse comprendre pourquoi. Un sentiment d’appréhension, de mauvaise augure… Une intuition désagréable m’empêchant de penser à autre chose. Mes poumons se resserraient, j’allais finir par manquer d’air. Non, je ne tenais pas à faire une crise d’asthme chronique ici.. pas en plein vol.. pas dans cet avion.. Tout le monde me regarderais… on s’inquiéterait… cela se saurait… J’attire déjà suffisamment l’attention, il est hors de question de subir une crise ici. J’avais beau faire semblant d’être fort, je savais bien qu’il n’en était rien. Et je savais bien qu’au fin fond de mon estomac contracté, quelque chose était entrain de se consumer tout doucement. Des visages passaient devant mes paupières, ma respiration devenait saccadé et mon souffle se faisait court, je porta ma main à ma chaine accrochée autour de mon cou.. Elle me faisait mal, elle me brûlait et une sensation de cisaillement perturbait ma peau. Je passait mes mains derrière ma nuque dans le but de la retirer discrètement, sans éveiller cette personne de mon travail assise à mes côtés. Soudain… je sentis mes poumons se bloquer complétement après mon expiration.. J’entrouvris les lèvres afin de récupérer un peu d’oxygène, mais ma poitrine refusait d’absorber cet apport d’air. Je suffoquais quelques instants, essayant de garder mon calme comme j’avais appris à le faire. Je me concentrais sur la musique qui s’échappait de mes écouteurs, les yeux fermés. Combien de fois, enfant, j’avais du me passer de ma ventoline pour calmer seul mes crises d’asthme naissantes. Mais ce soir, tandis que je rentrait vers ma contrée, un terrible poids m’écrasait le ventre, me compressait les poumons et me laissa là, suffocant, manquant d’inspiration… Les larmes me montèrent aux yeux, tandis que les veines de mes tempes, palpitantes, étaient prêtes à exploser. Je restais assis, cherchant à tâtons dans mon sac sous mes pieds la petite boite miracle qui aurait pu me calmer. Je fermais à nouveau les yeux, tentant de déglutir : je ne la trouvais pas. Je n’en avais pas pris. A la recherche du moindre brin d’oxygène je suffoquais, haletais, tentais en vain de prendre une inspiration. Mais mes poumons et ma gorge voilée s’opposaient à cette idée. Une hôtesse me voyant sans doute paniqué s’approcha de moi… Un peu plus tard, elle avait réveillé mon compagnon et me tendais de l’eau et un inhalateur. Mes mains tremblantes se tendaient vers le petit objet, mais mon esprit était complétement obsédé par mon manque de respiration et des images brouillées et étranges me traversaient l’esprit. Enfin, je pus saisir la ventoline et inhaler le salbutamol. Je doutais bien que cela passe aussi rapidement, ce genre de crise m’avait déjà valu des urgences médicales. Mais, effet placebo, le fait de tenir l’inhalateur entre mes doigts fébriles me donna le sentiment de me sentir en sécurité. Et je pus récupérer mon souffle après plusieurs longues minutes, les larmes coulant encore le long de mes joues, à grosses gouttes. Le cœur encore lourd, essayant de ne pas prêter attentions aux turbulences, je me recroquevillés en mon siège, appuyé contre le hublot. L’obscurité de l’extérieur me faisait peur… Cette intuition si puissante, sur ce que je pourrais trouver en rentrant n’avait cessé de m’obseder et avait certainement été la cause de cette crise…”
” Mesdames et Messieurs veuillez attacher vos ceinture et relever la tablette devant vous, nous entamons notre descente sur Séoul.”
Et c’est à cet instant là que j’aurais du comprendre :
” Monsieur Park. Mes condoléances les plus sincères, votre père est décédé.”
사랑해 아버지*…
(*I love you Father…) ~ Picture by @6002themicky
Tu es un rêve dont je suis éprise.

Ce n’était pas désiré, ce n’était pas choisis. Lorsque ta voix m’est parvenue, un immense frisson s’est emparé de moi et m’a déposée à ta merci. Comme j’en ai eût horreur, de me sentir ainsi vulnérable, j’ai refoulé toutes sensations de ce genre, car tu m’es inaccessible. Tu ne vis qu’à travers mes rêves les plus intimes, mes rêves les plus sombres. Tu ne m’apparais que la nuit, là où personne ne peux m’atteindre. La nuit me sauve et m’emprisonne entre ses griffes, entre tes bras. Mes journées deviennent impitoyables, intolérables et une seule idée me fais survivre, me fais sourire et me force à aller de l’avant et à continuer. C’est celle qui fait que, peut être ce soir en rentrant, je te trouverais à la maison… Comme si tu rentrais toi aussi d’une harassante journée de travail.
Tu m’attendrais, assis sur le fauteuil, un ballon de vin français face à toi, car tu n’aurais pas résisté à ce petit penchant. Je ne t’en aurais pas voulu, de ne pas m’avoir attendu. Car rien qu’en te voyant j’aurais tout oublié. Ma journée se serais envolée et avec elle toutes mes peines et mes angoisses. Tu m’aurais souris… comme j’aurais aimé. Et je serais peut être venue me blottir contre toi… Car tu fais parti des seuls que je désire en ce monde, des seuls que je veux à mes côtés.
“언제까지라도 기다릴께 ~ “
Mais comme tout cela n’est qu’espoir et rêve, cela le restera sans doute… Car il n’est que dans les contes de fées, où le prince charmant découvre sa bien aimée sur un linceul de fleurs. Mais l’espoir fait vivre, et la volonté étant la seule force, je continuerais d’y rêver afin de rendre moins pénibles mes journées de labeur et d’hypocrisie. Dans cette pièce sombre où une seule lumière m’éclaire de face, je suis pensive et attend les gouttes salées qui me délivreront de cette emprise. Tu t’es emparé de la partie la plus vulnérable de ma personnalité, mes larmes sont faites de ton visage, mes pleurs sont faits de ta voix. Car tu es définitivement un rêve dont je suis éprise.
Et la seule part de vérité qu’il me reste de toi, est le souvenir de l’unique regard que nous avons par hasard échangé.
Fuckin’ Life.

Tu as osé percer ma bulle, mon monde à moi où je me réfugiais lorsque tu me blessais. Désormais elle coule, elle m’échappe et me glisse entre les doigts. Rien ne la rattrape, j’ai l’impression qu’elle éclatera entre mes doigts trop brusques, mes mouvements de spasmophile. Mes musiques sonnent tristes et mes chansons sont déplaisantes, ma voix déraille et ma gorge me brûle. Mon souffle se brise et ma note est perdue. Mes doigts se crispent et ma corde me lâche. Ma plume sanglote et ne retranscrit pas mes idées correctement. Tout s’effondre, tout se transforme. Il faut rentrer dans le travail, dans l’âge adulte. Celui des soucis et de la réflexion. Celui de la politique et de l’économie. Ce que je déteste par dessus tout. Tu m’a tiré de ce monde qui était mien et que j’aimais par dessus tout, tu m’obsède. Je rêve de toi. Je suis à bout de souffle à bout de force. Tu m’as tout pompée, mon énergie, mon sourire, ma bonne humeur. Tu me l’a arraché je t’en ai trop offert.. désormais je n’ai plus rien… Plus de joie, plus de motivation, plus d’intuitions ni de souhaits… Où donc est passée ma volonté… elle était ma seule force et je la sens diminuer peu à peu.. s’effacer.. s’envoler.. me quitter. Peut être ne suis-je plus digne de l’abriter ? Peu importe les sentiments, les sensations… Peu importe ce que tu me diras, et ta façon de réagir… Je serais coupable, blessée, mais qu’importe. Même si ma musique me quitte, même si mes qualités s’envolent et que ma bulle éclate je continuerais d’avancer. Je continuerais de croire en quelque chose, même si c’est impossible, même si c’est irréalisable, je m’accrocherais à un rêve quelconque qui pourra me tirer de cette vie qui ne me convient pas.. Je continuerais toujours. Et cette volonté d’avancer, cette volonté de vivre.. Elle peux bien faire semblant de me quitter… Cela m’importe, car je me sais capable de la rattraper. Je m’accrocherais à ce qui me reste au moindre sourire de soleil.. à la moindre étoile dans le ciel… Je vivrais et ma bulle se reformera petit à petit.. au rythme de mes jours, au rythme de mes nuits et de mes envies…
Quoiqu’il arrive.. Quoiqu’il se passe, je n’abandonnerais jamais cette putain de vie.
En rentrant des sous-bois.
La jeune fille aux yeux bleus s’est évadée seule, elle et sa musique dans les bois de son village de campagne. Elle avait besoin de s’échapper de ces lieux où la politique, l’économie, le travail et le stress deviennent les sujets les plus abordés. De ces lieux ou parfois elle n’avait pas sa place. Parmi ces faux adultes qui se veulent responsables, mais qui s’avèrent être d’une immaturité déconcertante, elle se sentait si mal à l’aise. Elle s’est donc échappée seule avec sa musique et la nature environnante.

La petite fille aux yeux bleus s’est envolée dans sa bulle et dans son monde à elle. Son univers qui n’existe malheureusement qu’à ses yeux et son esprit tourmenté. Lorsqu’elle ouvrit les yeux, elle se trouvait dans cette petite chambre qu’elle connaissait bien, sur le grand matelas confortable, garnis de coussins. Le piano était là, la bibliothèque aussi.. et même le chat. La fillette heureuse éclaira son visage d’un grand sourire en sentant une odeur familière monté du rez de chaussé. Pieds nus, elle se hâta de rejoindre l’escalier de bois et le descendit à pas de loup. Arrivée dans la petite cuisine elle n’eût pas besoin de parler. Le jeune homme qui était présent l’avait entendu arriver. Il se tourna avec un sourire, tout aussi rayonnant que celui de la gamine, aux lèvres.
“Je t’ai trouvé assoupie dans la clairière. Au pied du chêne. Le grand cheval veillait sur toi de derrière sa barrière de bois. Tu aurais pu attraper froid. “
Tout en parlant, il lui avait approché une grande tasse d’un chocolat chaud délicieux. Elle respirait l’odeur du café qui s’échappait de sa tasse à lui. Après avoir avalé une longue gorgée de la boisson chaude, elle se décida à parler :
” J’en avais marre de là-bas, j’avais envie de venir ici… ”
Le jeune garçon soupira d’un air attendrit. Il prit sa tasse entre ses mains, et monta les escaliers de bois, laissant l’enfant seule dans la cuisine. Le chien s’approcha d’elle, elle lui caressa machinalement la tête le nez plongé dans sa tasse. Soudain, une mélodie puissante et claire s’éleva dans le silence de la pièce. Il s’était mis au piano. Il jouait Roméo et Juliet de Prokofiev , une partie de l’opus 75 que la petite fille connaissait bien. C’était le passage de Mercutio, sur lequel la jeune fille imaginait maintes histoires ou danses, allant au rythme de la musique. Passionnée par les doigts agiles de son ami sur le clavier, la petite monta quatre à quatre les marches de l’escalier, pour aller se poster debout aux côtés du pianiste, en oubliant son chocolat chaud. Le morceau achevé, ils s’habillèrent chaudement, et décidèrent ensemble de retourner dehors. Il faisait froid quand il traversèrent la Grande Allée Hivernale. De la neige était déposée au pied des arbres, comme du sucre glace, donnant au lieu un aspect féerique. Puis ils empruntèrent ce petit chemin secret, qui les menaient à la colline au chêne, et a la grande clairière. Le cheval était la et hennit à leur arrivée. Ici, tout était d’un vert resplendissant. Le printemps en toute sa splendeur régnait sur cet empire avec majesté. Ils passèrent la clôture pour voir le grand animal. Le jeune homme hissa l’enfant sur le dos du brave destrier, qui sans jamais faire un pas de travers menait l’enfant là où elle le désirait. Pendant ce temps là, le brun jouait avec le canidé, qui les avait bien sur suivit. Tout était pour le mieux, dans cette petite clairière. Rien ici n’était pour les déranger de leur paisible journée. Ici, pas d’histoires, de bagarres, ni d’angoisses. C’était son paradis.
Puis, le ciel s’assombrit. Au galop, la jeune fille et son cheval revinrent vers le garçon.
“Il est tant de rentrer ma grande ! “
Elle embrassa son animal, donna une petite tape amicale au chien, et sauta au cou du jeune homme.
” Je reviendrais dès que ça n’ira plus. Merci. ”
Et lorsqu’elle rouvrit ses yeux bleus, la jeune fille se dit qu’elle était bien prête à supporter encore un moment, les tyrannies de ce monde injuste. Et elle et sa musique, retrouvèrent calmement le chemin du village, et de la maison…
Tu es une des couleurs du monde.

Je ne veux plus entendre parler de différences mal jugées, de discrimination, de racisme et d’autres horreurs pareilles. Dans mon monde parallèle, dans ma bulle, on est tous fait de la même argile. Qu’elle soit blanche, noire, jaune, bleu saphir ou arc-en-ciel ! Et quelque soit cette couleurs apparente, l’intérieur est bel et bien similaire pour tout le monde.
La même main nous a façonnée, toi et moi. Sauf que, comme je l’ai déjà dis, pour toi elle n’a pas tremblée. Elle t’as créée parfaite à nos yeux.
(Dessin de moi à nouveau, donc pas de copiage non plus siouplait les gens :B )
- Merci ! Lootsay ou Sister Mind.
Tu souriais, et le soleil qui avait disparût derrière la fin du monde éclatait encore de milles rayons sur ton visage..

(Ce dessin est de moi, donc pas de vilain copiage s’il vous plait ! Merci d’avance !) -Lootsay, ou Sister Mind.
Rêve du crépuscule tropical..

( Coucher de soleil sur l’Anse Mitan - Martinique. )
J’ai regardé le soleil disparaître entièrement derrière les mâts et les coques, derrière l’océan, derrière l’horizon. Les rayons de l’astre d’or se reflétant sur l’eau calme. Quelques minutes auparavant, j’étais encore entrain de nager, sentant l’eau salée contre ma peau. Puis, le vent s’est rafraichit, et j’eus froid. Alors, les cheveux mouillés ruisselant dans mon dos, je me suis hâtée de récupérer ma serviette, et de m’installer assise en tailleur, sur le sable que le soleil avait chauffé toute la journée. Puis j’ai contemplé le paysage grandiose qui s’offrait à moi. Il m’a suffit de fermer les yeux un instant… et quand je les ai rouvert, tu étais là. A mes côtés. La lueur ambiante donnait à ta peau noire des teintes rouges. Et tu souriais de toutes tes dents qui éclataient de blancheur dans le crépuscule de l’Anse Mitan. Tu faisais ma taille, bien que tu fût plus jeune de quelques années. Tes formes féminines étaient déjà suffisamment marquées pour qu’on ne puisse s’y tromper. Je t’ai trouvé encore plus belle que l’horizon aux couleurs changeantes. Je t’ai trouvé d’une beauté parfaite aux traits réguliers et débordant d’énergie. Tu la portais en toi cette volonté de vivre, la même que la mienne. Nous étions du même bois, façonnées de la même main, et cette dernière n’avait pas tremblée pour toi. Tu était si sûre de toi ici, au milieu des tiens… au milieux de nous. Tu souriais et le soleil qui avait disparût derrière la fin du monde éclatait encore de milles rayons sur ton visage. Puis nous nous sommes toutes deux levées, dans le but de rentrer.. l’envie de flâner sur les bords de l’eau, était attrayante, mais quelqu’un nous attendait sur la terrasse de l’appartement… Alors, joueuse, tu t’es cachée derrière le tronc d’un cocotier, sans doute pour ne pas m’aider à ranger les affaires. Ça m’a fait rire, avec toi j’étais si sereine. Comme une Maman compatissante, comme une grande sœur si fière. Je t’aimais petite fille, ma petite protégée, je crois que je t’aimais comme si tu avais été ma propre enfant. Ensemble, sous les lampadaires de la ville qui s’allumaient d’une lumière faible et jaune, nous montions la côte humide, en chantonnant des air que nous seules connaissions. Des improvisations, des comptines sortant d’on ne sait où. Et nos rires s’entremêlaient et nos sourires se renvoyaient leur joie. Enfin, nous arrivâmes en bas de l’appartement, d’où, sur la terrasse accoudé, un jeune homme nous souriait. Il était typé asiatique, autant que tu était africaine, et que j’étais européenne. Cela faisait un beau trio ethnique. Nous lui avons fait signe.
L’obscurité me sortit de ma torpeur… j’avais regardé le soleil disparaitre entièrement derrière les mats, les coques, l’océan et l’horizon… et je me trouvais là, assoupie contre un rocher… seule. J’avais certainement rêver. Alors soupirant tristement, je rassemblais mes affaires et entrepris seule la montée humide qui me mènerais à mon appartement. De temps à autre, je m’arrêtait, fixant la vue. La suppliant de me rendre mes amis. Puis j’arrivais en bas du bâtiment. On interpella.
” C’est à cette heure ci que tu rentre ? “
Je levais la tête surprise, et aperçus deux visages souriant penchés sur la terrasse. Un homme, typé asiatique, aux cheveux noirs et ébouriffés, et une jeune fille, africaine, aux long cheveux frisés et incontrôlables..
The Sky is red.

Il y a des moments comme ça où l’horreur vous hante, où les cauchemars vous reviennent, où les crises d’angoisses vous saisissent à la gorge, encore. Encore une fois. Ne me parlez pas d’égoïsme et de pitié. Je n’ai qu’une envie, m’enfermer dans ma bulle et vous faire tous disparaître. Dans mon monde où je suis heureuse. Allez vous en, un jour viendra où je vous ferais peur, un jour viendra où je n’arriverais plus à contrôler cette horrible pression qui s’empare de moi. On me prendra pour une possédée encore. Pour une bête de cirque. Cessez de me regarder avec des yeux ronds. Cela s’appelle de la Spasmophilie bande d’incultes. Et vous êtes bien nigauds de penser que c’est du cinéma. Fermant les yeux, je vous imagine à ma place. Sans doute que vous crierez. Enfin, si vous le pouvez ! La douleur. L’angoisse. L’horreur. Le vertige. Je n’aime pas me plaindre, mais je pense que ma qualité d’humaine me pousse à le faire inconsciemment. Autant le faire par écris. Ca semblera toujours plus supportable qu’à l’oral, étant donné que l’on peux le lire ou non.
” Tu pourrais te maîtriser ! Regarde ce que ça fait de toi. “
Pauvres idiots. Mettez vous à ma place, essayez de voir un peu plus loin que le bout de votre nez, pour une fois. Essayez de souffrir pour autre chose qu’une bêtise. Essayez de souffrir pour survivre. Non, je ne peux pas maîtriser mes muscles qui se contractent à m’en faire vomir, non je ne peux pas maîtriser ces douleurs fantômes qui me harcèlent. Non je ne peux pas maîtriser ces cauchemars qui me hante, et me brûlent le seul instant de rêve qui m’est donné ici, ma nuit. Mes “amis”, vous qui riez de moi aujourd’hui, pleurerez demain. Je vous ferais comprendre tout ça un jour, une nuit. Je vous ferais mourir.
” Tu es trop gentille, ça te tombera dessus plus tard ! “
Non ce n’est pas que je suis gentille, c’est que j’aime comprendre ce que peuvent ressentir les gens, c’est que je suis sensible. Que je suis apte à comprendre les sentiments et les sensations, quels qu’ils soient. Contrairement à vous. Plus tard ce n’est pas ma gentillesse qui me retombera dessus, c’est votre égocentrisme qui vous détruira. Et j’y veillerai personnellement..
Calm down
“Je suis toujours à ta recherche, entrain de t’appeler que ce soit sur papier, ou en rêves.Te trouver… Vous trouver, que j’aimerais… Peut être penserais-je alors que Dieu existe réellement. Toujours est-il que ce soir, c’est à moi de t’aider. C’est à mon tour de te repêcher, des profondes abîmes de la tristesse ou tu t’es jeté inconsciemment.Tends moi la main, j’arrive.”

D’un gouffre sans fin, elle le tira doucement. Leurs mains s’entremêlèrent, et elle le hissa de toutes la force de ses bras. Il était à genoux en face d’elle, encore au bord du vide. Elle avait le vertige et s’empressa de l’en éloigner. Elle lui parla longtemps, le tenant tout contre elle bien qu’il fût plus grand. Comme un petit frère qu’on désire protéger de toute son âme. Il pleurait, mais l’odeur rassurante de la jeune fille le calmait peu à peu. Elle lui caressait les cheveux d’un geste calme, regardant toujours avec appréhension le bord du puits. Le puits de la tristesse sans fond. Jamais plus elle ne voulait qu’il y glisse, chaque plaie peux se refermer, le temps guérit toutes blessures. Elle lui dit, que celui qu’il avait perdu resterait toujours encré profondément dans sa mémoire, et que nous ne connaissons pas les secrets que peuvent renfermer la mort… Peut être était-il autour de nous, peut être le voyait-il pleurer ainsi sa disparition. Elle lui dit qu’il l’accompagnerait tout au long de son existence, comme lui même le fera pour ses propres enfants plus tard. Il avait cessé de pleurer et écoutait comme un enfant la douce voix de son amie. Elle avait peut être raison après tout. Il ferma les yeux et se blottie une dernière fois contre la jeune fille, qui l’enserra de ses bras.
Puis, elle l’aida à se relever et tous deux d’un instinct commun se dirigèrent vers la grande allée bordée d’arbres. Ce jour là, c’était l’Allée de l’Hiver. Le froid recouvrait le sol qui glissait, et le coton blanc servait de décoration aux branches. Elle hésita à bifurquer vers le petit chemin connu d’eux seuls, qui mène à la colline, surmontée d’un grand chêne. Voyant que son ami essuyait une larme rebelle, elle se décida. La jeune fille le tira par la manche, et il tournèrent à droite. Ils s’amusèrent comme des enfants sur le petit chemin de forêt, puis débouchèrent sur une petite colline, au tout milieu d’une clairière à l’éclairage si doux. Les rayons de soleil se décidèrent enfin, filtrés à travers les arbres élancés; à donner à la lumière du jour une teinte inégalable. Le sol parsemé d’une fine couche de neige tendre. En haut de ce monticule, se dresse dans toute sa magnificence, un grand chêne. Un chêne dont on sait qu’il a vécu, au moins cent ans ! Ce genre de roi, qui a tout vu, et qui sait tout. Qui a durant toutes ces années de vie, fait silence sur tout ce qu’il a entendu. Cette colline au chêne est bordée d’une petite clôture de bois, que les racines de l’immense souverain ont déplacés à certains endroits. Les deux jeunes gens s’avancèrent à travers ce lieu qu’ils aimaient tant. Soudain un hennissement se fit entendre, derrière la barrière, un grand cheval de trait arrivait, accueillant les visiteurs. La jeune fille souriant se précipita à sa rencontre, le comblant de milles caresses. Puis vint un chien, un grand husky que le jeune homme adorait. Elle se retourna pour apercevoir son ami jouer et rire aux éclats avec l’animal. Ils restèrent un certain temps dans l’insouciance et la joie, en compagnie des bêtes. Puis la nuit tomba, et l’équidé s’en retourna. Le canidé quant à lui, les suivit sur le chemin du retour. Le long du petit chemin caché, puis le long de la grande Allée. Et enfin, lorsqu’ils furent arrivés devant la cabane, il quémanda caresses, et s’en fût tout joyeux. La jeune fille sortit la clé, et fit entrer son compagnon. Comme il l’avait fait pour elle, elle le fit se déchausser, et lui dit de monter se coucher, dans cette chambre ou le piano, le matelas, les coussins, le chat et les livres l’attendait sagement. En bas elle prépara une boisson chaude qu’elle aromatisa au miel. Elle la lui apporta. Mais le jeune homme éreinté, s’était déjà endormi, blotti comme un enfant au milieux des coussins.
“Dors tranquillement, Je suis là.”

Comme un pressentiment et le souffle coupé, quelques larmes versées sans trop savoir pourquoi. Un appel, un avion. Et une crise d’asthme annonçant la tristesse égoïste d’une vie qui s’envole.
Stay Strong ♥
SisterMind.
